(2019, octobre). Si vous suivez mes aventures d’apprentie fermière sur Instagram, vous avez peut-être vu que ma récolte de tomates cerises a été abondante… le moins qu’on puisse dire! J’ai vidé le potager juste avant les premiers gels. Les deux tiers des tomates étaient encore vertes ou orange pâle. Pas grave, elles mûriront tranquillement à l’intérieur et j’en aurai pour plusieurs semaines, me disais-je. J’avais juste à moitié raison. Oui, elles ont fini par rougir, mais pas graduellement, un panier à la fois, non. Plus “on mûrit toutes en même temps et cuisine-nous illico avant qu’on pourrisse!”

Voir mes précieuses perles rouges pourrir, c’est non. Ceux qui font pousser des aliments en savent quelque chose : je prends soin de mes tomates depuis que j’ai démarré les semis dans mon appartement. Oui, en bloquant la porte d’entrée principale avec mes plateaux de semis, parce que c’est la seule fenêtre du logement ayant une luminosité qui vaut le détour – merci patient chum de passer par en arrière d’avril à juin! Tout cela pour dire que je prends soin depuis des mois de mes tomates, je les dorlote, je les attends et, quand la récolte est au-delà de mes attentes en quantité comme en qualité (non, mais quel délice!), il n’est pas envisageable de gaspiller. Elles sont trop précieuses.

On développe la même attitude à l’égard de nos aliments chaque fois qu’on développe des liens avec les agriculteurs, qu’on comprend l’ampleur de leur travail et de leur dévouement. Les aliments ne sont plus une denrée de consommation comme une autre : ils se gorgent de sens et deviennent précieux à nos yeux. Se (re)connecter à leur origine et aux gens qui nous donnent accès à une alimentation de qualité et de proximité nous rend allergique au gaspillage, et c’est tant mieux.

Mais revenons à nos tomates.

Puisqu’elles ont décidé de mûrir toutes en même temps les coquines, les salades de tomates, les focaccias et autres confections de tomates séchées ne suffisaient plus à la mission de tout valoriser sans gaspiller. Il fallait passer à l’étape “sauce”. J’ai flâné sur Internet, essayé quelques versions de sauces pour arriver avec ma propre recette, super simple, qui me plaît bien. C’est fascinant de voir que des tomates cerises parfaitement rouges à l’extérieure donnent une sauce à l’incomparable couleur corail. Ça donne une sauce rosée sans crème… bien qu’un p’tit splash de crème juste avant de servir s’avère délicieux! À utiliser partout où vous avez besoin de sauce tomates ou de sauce rosée.

J’ai hésité à la publier, me disant que la plupart des gens doivent, à ce jour, avoir vidé leurs réserves de tomates cerises. Mais bon, s’il m’en reste encore, je ne suis peut-être pas la seule! Autrement, gardez-la en tête pour la saison prochaine! Et si, comme moi à ce temps-ci de l’année, votre congélateur est plein, mettez la sauce en pots pour entreposage à la température de la pièce! (Ça, c’est si vous ne dévorez pas tout après l’avoir faite).

Sauce à la tomate cerise

Donne environ 1,5 litre et des poussières (3 pots de 500 ml, parfois un peu plus). Facile à doubler.

Ingrédients
2,5 litres (10 tasses) de tomates cerises (ce qui rentre en une couche sur une grande plaque de cuisson)
60 ml (1/4 tasse) d’huile de caméline ou de tournesol (ou moitié-moitié, ce que je fais souvent)
1 oignon coupé en dés
1 gousse d’ail tranchée
Sel et poivre au goût
1 brin de romarin ou 2 à 3 brins de thym
45 ml (3 c. à soupe) de vinaigre de cidre (seulement si vous la mettez en conserve)

Préparation

  1. Préchauffer le four à 200oC (400oF) et répartir les tomates cerises sur une plaque de cuisson en une seule couche. Verser 30 ml (2 c. à soupe) d’huile sur les tomates et bien enrober. Cuire 30 minutes.
  2. Sortir la plaque de tomates du four et déposer une deuxième plaque dessus en guise de couvercle.
  3. Dans une casserole, chauffer les 30 ml (2 c. à soupe) d’huile restante à feu moyen-vif et y faire revenir l’oignon et l’ail 2 à 3 minutes, jusqu’à ce qu’ils deviennent translucides, sans coloration trop marquée. Saler et poivrer.
  4. Ajouter les tomates cerises dans la casserole avec les herbes. Porter à ébullition, baisser le feu et laisser frémir environ 25 minutes. (Pendant ce temps, mettre en place le nécessaire pour la mise en conserve si désiré).
  5. Retirer les brins d’herbe et passer la sauce au pied-mélangeur jusqu’à l’obtention d’une texture lisse.
  6. Goûter, ajuster l’assaisonnement et servir ou encore congeler ou mettre en pots. Pour cette dernière option, mettre 15 ml (1 c. à soupe) de vinaigre de cidre dans chacun des pots chauds de 500 ml. Remplir les pots en conservant un espace de tête de 1 cm et effectuer un traitement de chaleur de 35 minutes (méthode complète de Bernardin détaillée ici). Comme le rendement varie un peu de fois en fois, je chauffe généralement un petit pot de 250 ml de plus, au cas ou j’arrive à le remplir lui aussi.

Julie Aubé

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